Le test central
Sept questions que les promoteurs devraient utiliser pour tester la pertinence devant la FDA
Les conditions posées par le règlement sont nécessaires mais ne forment pas toute l'évaluation. Un jeu de données européen sert un dossier américain dans la mesure où il survit à sept questions, chacune étant une décision de conception plutôt qu'un exercice documentaire.
Ce sont des questions pratiques de planification, dérivées du cadre réglementaire applicable et des considérations propres au dossier. Elles ne constituent pas un test officiel de la FDA en sept points.
Question 01
La population européenne est-elle transposable à la population américaine visée ?
La démographie, la sévérité de la maladie à la présentation, la charge de comorbidités, l'anatomie, les traitements antérieurs et le point du parcours de soins auquel les patients sont recrutés déterminent ce qu'un jeu de données peut soutenir. Des critères écrits pour le recrutement européen peuvent produire sans qu'on le voie un échantillon plus sain, plus jeune ou plus précoce dans l'évolution de la maladie que la population américaine que la revendication doit couvrir.
Action du promoteur : écrire d'abord l'indication américaine visée, puis confronter les critères d'éligibilité à cette indication.
Question 02
La pratique clinique européenne est-elle suffisamment comparable ?
Le standard de soin, le traitement comparateur, le parcours diagnostique, les schémas d'adressage, le cadre de réalisation du geste, l'expérience de l'opérateur et l'intensité du suivi diffèrent entre pays et à l'intérieur de chaque pays. Une investigation bien conduite peut rester moins utile à la FDA si le contexte clinique s'écarte matériellement de la pratique américaine, parce que l'effet mesuré est l'effet du dispositif dans ce contexte.
Action du promoteur : comparer la pratique pays par pays pendant la faisabilité et sélection des centres, et justifier les différences matérielles dans le protocole.
Question 03
Les critères d'évaluation répondent-ils à la question de la FDA ?
La FDA pose la question en termes de sécurité et d'efficacité. L'évaluation de la conformité européenne se formule en termes de sécurité et de performance, et le vocabulaire n'est pas interchangeable : un critère qui satisfait une évaluation clinique au titre du règlement européen peut ne pas soutenir une revendication américaine. Les définitions des critères, le calendrier des évaluations, l'adjudication, les exigences d'imagerie et de laboratoire central, le statut de validation de tout instrument de mesure rapportée par le patient et la durée du suivi tranchent la question.
Action du promoteur : dériver l'ensemble des critères d'évaluation de la revendication américaine visée, puis vérifier qu'ils servent aussi l'objectif européen.
Question 04
L'investigation a-t-elle été conçue pour son usage FDA ?
Produire des données européennes puis les réutiliser produit un argument rétrospectif ; concevoir l'investigation en ayant le dossier américain en vue en produit un préspécifié. Le protocole, les critères d'évaluation, le plan d'analyse, la gestion des versions du dispositif, le modèle de monitoring, les standards de données et les définitions de sécurité se fixent au regard du dossier que les preuves doivent servir.
Action du promoteur : nommer le dossier visé dans le synopsis du protocole et garder les décisions de conception traçables jusqu'à lui.
Question 05
Les données peuvent-elles être reconstituées et vérifiées ?
Le règlement dit explicitement que la FDA doit pouvoir valider les données, par inspection ou par tout autre moyen approprié, si elle l'estime nécessaire. Cela suppose des dossiers complets et des pistes d'audit, l'accès aux données sources, des systèmes de saisie électronique des données validés, la traçabilité de la source à l'analyse, la traduction lorsque les documents sont dans une autre langue, et la conservation des documents essentiels. Cela ne signifie pas qu'une inspection aura nécessairement lieu.
Action du promoteur : inscrire dans les contrats de centre l'accès aux données sources, la conservation et les obligations de traduction.
Question 06
Les investigateurs et les centres sont-ils appropriés ?
Les qualifications de l'investigateur, sa compétence sur le geste concerné, le volume d'actes, la formation au dispositif et au protocole, la courbe d'apprentissage du dispositif, l'infrastructure du centre, la discipline de données et la capacité à retenir les patients pendant un suivi long pèsent toutes sur la solidité des preuves.
Action du promoteur : sélectionner les centres au regard des preuves qu'ils doivent produire, et non de la seule vitesse d'inclusion projetée.
Question 07
Le retour de la FDA a-t-il été recueilli au bon moment ?
Une Pre-Submission au titre du Q-Submission Program de la FDA est l'un des mécanismes par lesquels un promoteur peut demander un retour formel de la FDA sur une étude prévue ou un futur dossier. Utilisé avant la finalisation du protocole, ce retour peut faire apparaître des réserves matérielles sur la population, les critères d'évaluation, le comparateur, le suivi, l'analyse ou l'usage réglementaire visé. Ce n'est pas une approbation : le retour est consultatif, il ne lie pas l'évaluation ultérieure de la FDA, et il ne garantit ni l'approbation de l'IDE ni l'acceptation des preuves produites.
Action du promoteur : porter le retour écrit et les comptes rendus dans le plan de preuves, et les reprendre lorsque le protocole ou le dispositif change matériellement.